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ÉCOLOGIE – ÉGALITE FEMMES-HOMMES : Comment la France fait-elle entendre sa voix ?

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Le 9 novembre dernier, j’ai accueilli à Clichy Marlène Schiappa, Secrétaire d’État auprès du Premier ministre, chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes et de la lutte contre les discriminations, et Brune Poirson, Secrétaire d’État auprès du ministre d’État, Ministre de la transition écologique et solidaire.

 

Dans le cadre de cette réunion, les participants ont pu poser leurs questions au regard des actions de la France à l’international pour l’Égalité Femmes-Hommes et l’Écologie. Il est à la fois important et intéressant pour les Secrétaires d’État de partager ce travail international de diplomatie qui n’est pas forcément relayé ou entendu en France.

 

Il y a beaucoup de points communs entre la transition écologique et l’Égalité Femmes-Hommes. Agir pour la transition passe par des actions en faveur de l’égalité, et vice versa.

Pour débuter, Marlène Schiappa a voulu faire un focus sur les engagements qu’a pris le Président de la République devant l’Assemblée Générale des Nations unies. Il souhaite que l’Égalité Femmes-Hommes, qui est la grande cause de son quinquennat, soit aussi au cœur de l’action française dans le concert international. Ainsi, il a appelé publiquement à l’arrêt des mutations génitales sur les petites filles et les jeunes femmes partout dans le monde, à la fin des mariages forcés et à dénoncer les féminicides pour la première fois à la tribune de l’ONU.

A partir de janvier 2019, la France va prendre la présidence du G7, succédant au Canada, ce qui permettra à la grande cause mondiale de l’Égalité Femmes-Hommes de se concrétiser autour d’un socle commun de droits des femmes inaliénables partout dans le monde.

Puis Brune Poirson a souhaité rappeler que dans le cadre de la transition écologique, l’accord de Paris est très précieux, puisque c’est la première fois dans l’Histoire que l’ensemble des chefs d’États du monde entier se mettent d’accord de façon volontaire sur un accord pour lutter ensemble contre le réchauffement climatique. La France a une responsabilité particulière dans ce domaine dont elle est le moteur, et notre travail est double:

– Il faut d’une part continuer à marquer l’importance de cet accord, à mobiliser chaque pays un par un pour qu’il participe aux négociations, qu’il continue à proposer des projets d’actions et qu’il en respecte les règles d’applications, qui seront décidées en décembre lors de la COP 24.

– D’autre part, il faut accélérer l’action et rendre la transition écologique solidaire en redirigeant de façon massive l’argent disponible dans le monde ainsi que l’argent investit par les grandes banques dans les projets néfastes pour l’environnement dans des projets qui sont bons pour la planète. C’est l’objet de la diplomatie verte française.

A la question d’un participant sur les options d’énergies renouvelables qui allaient être prises en compte dans le plan énergétique « Programmation Pluriannuelle de l’Énergie », la Ministre de la transition écologique et solidaire explique que nous faisons des choix en matière de technologies d’énergie, sans en éliminer aucun par principe car nous avons besoin d’un bouquet de solutions. Il n’y a pas encore d’arbitrage rendu mais nous sommes en train d’y travailler.

Ensuite, à une autre question, Brune Poirson rappelle que l’éducation au développement durable fait partie des programmes de l’Éducation nationale, au même titre que l’Égalité Femmes-Hommes. Mais il faut aussi des réflexes, c’est la raison pour laquelle nous avons lancé des actions en faveur de l’économie circulaire, comme par exemple, pour les piles qui polluent énormément. Nous avons demandé aux enfants de récupérer les piles non jetées, de les rapporter à l’école, et de suivre leur parcours afin de prendre conscience qu’un déchet peut potentiellement devenir un nouveau produit.

 

Une participante a soulevé les enjeux de la faible proportion des jeunes filles à embrasser des carrières scientifiques ou techniques.

J’ai souligné la pertinence de cette question et ai rappelé les principaux enseignements de mon rapport pour la Délégation aux droits des femmes de l’Assemblée nationale (http://www.assemblee-nationale.fr/15/rap-info/i1016.asp.

La place des femmes est encore trop faible, et elle est même en régression dans les secteurs STEM et en particulier le numérique. Et ce alors même, que ces technologies vont révolutionner tous les aspects de notre vie. Ce choix et cette confiance des femmes dans les sciences ne se jouent pas seulement au moment du bac, mais bien avant, il s’agit donc d’agir tôt, et à tous les niveaux pour contrer les stéréotypes de genre, qui entravent les carrières professionnelles des femmes.

Pour compléter, Marlène Schiappa s’inquiète elle aussi qu’il y a de moins en moins de filles qui s’orientent vers la filière numérique. Cela veut dire qu’on régresse et qu’on a un manque en terme d’innovation. Par exemple, les secteurs les plus féminisés partout en Europe sont la santé, le sanitaire et le social et les services à la personne. A l’inverse, les femmes sont sous-représentées dans la transition digitale. En croisant ces données, on arrive à la conclusion que ces trois secteurs sont en pénuries d’innovations digitales. Il faut donc s’engager là-dedans, c’est la raison pour laquelle nous avons créé la Fondation Femmes@numérique, qui réunit l’ensemble des grandes associations et organisations d’État qui sont mobilisées pour faire en sorte qu’il y ai davantage de femmes dans le numérique.

 

En complément, et pour aller au-delà des carrières dans le numérique, Marlène Schiappa rappelle que l’égalité salariale est dans la loi depuis 40 ans. Pour autant, il y a toujours aujourd’hui un écart de salaire de 9 à 27% entre les femmes et les hommes en moyenne. Avec la ministre du travail, Muriel Pénicaud, Marlène Schiappa a voulu changer de paradigme et passer d’une obligation de moyen à une obligation de résultat dans la loi pour la Liberté de choisir son avenir professionnel. Désormais, les entreprises du secteur privé doivent prouver qu’elles ont agi et que cela a porté ses fruits. Il y a également une obligation de transparence : toutes les entreprises vont devoir calculer le pourcentage d’écart de salaire entre les femmes et les hommes et le rendre public. S’il y a des écarts de salaires effectifs entre les femmes et les hommes, ces entreprises auront 3 ans pour se mettre en conformité, résorber ces écarts de salaires, sinon il y aura des pénalités. Là encore ce n’est pas suffisant de faire une loi, il est important de contrôler son application, et de renforcer les contrôles de l’inspection du travail, en passant de 1700 contrôles par an à 7000 contrôles par an sur l’égalité entre les femmes et les hommes au travail. C’est un changement énorme avec des investissements colossaux qui vont enfin permettre de changer les choses au sein des entreprises.

Toujours au sujet de la diplomatie féministe, Marlène Schiappa insiste sur le fait que « le langage est la clé de beaucoup de choses et particulièrement pour les sujets d’égalité entre les femmes et les hommes ». Il faut utiliser l’écriture inclusive au sens sémiologique du terme, c’est-à-dire, visibiliser et féminiser les titres et noms de métiers. Ce sera notre vraie victoire à nous les féministes, et à tous ceux qui sont pour l’écriture inclusive, lorsque chacun et chacune aura assimilé la féminisation et l’inclusion de toutes et de tous sans en faire un acte militant.

Certains concitoyens ont également cherché à savoir quels efforts ont été faits dans le gouvernement pour aider les industriels du plastique à adapter leur chaine de production à la transition écologique. Brune Poirson a insisté sur le fait que la France a fortement pesé en faveur du Paquet Economie Circulaire. Il faut supprimer les plastiques pour les usages superflus, réduire globalement les usages et réemployer. Une date é été définie pour que les industriels aient du temps pour se préparer et anticiper ce changement. Il faut mettre en place cette boucle, et pour cela il faut mettre sur le marché des produits recyclables. Tout cela va être mis dans une loi structurante que la Ministre de la transition écologique et solidaire portera en avril 2019 au Parlement.

 

Cette réunion publique a permis de mettre en perspective le poids de la France à l’échelle internationale au regard de notre diplomatie féministe et écologiste. La transition écologique doit être transnationale, le féminisme également.

Comme aime à le rappeler à l’étranger Marlène Schiappa, « France is back, and so is FEMINISM » !

 

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📽 En Live | Débat avec les Secrétaires d'État Marlène Schiappa et Brune Poirson à #Clichy à l'invitation de notre Députée #LaREM Céline Calvez Députée !

Publiée par En Marche – Levallois sur Vendredi 9 novembre 2018

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